Transferts d’argent
Les transferts d’argent sont des paiements directs, généralement effectués par des organismes à but non lucratif ou des gouvernements, à des groupes de personnes remplissant les conditions requises.
Trois principaux types de programmes de transferts d’argent ont été étudiés : les transferts d’argent conditionnels (TAC), les transferts d’argent inconditionnels (TAI) et les programmes de subventions aux entreprises.
GiveWell considère que, de toutes les interventions non sanitaires, les transferts d’argent présentent les meilleurs résultats, et estime que les programmes de transferts d’argent se situent dans la même fourchette de rapport coût-efficacité que leurs autres programmes prioritaires1. Ils reconnaissent que cette évaluation est très sensible à certaines hypothèses empiriques et morales, notamment en ce qui concerne les rendements des investissements dans les transferts d’argent et la valeur relative de la prévention de la mortalité infantile par rapport à l’amélioration du revenu des adultes.
L’une des applications majeures des transferts d’argent, mise en place par GiveDirectly et soutenue par GiveWell, est de servir de référence pour comparer la valeur de différentes causes et pour décider de financer ou non certains organismes de bienfaisance. Les transferts d’argent sont particulièrement intéressants en tant que référence car (1) ils sont massivement amplifiables et (2) leur rapport coût-efficacité peut être directement exprimé sous la forme d’un multiplicateur, compte tenu d’hypothèses plausibles sur la relation entre argent et bien-être. Plus précisément, si un doublement du revenu confère à peu près le même avantage aux personnes quel que soit leur niveau de revenu — comme les enquêtes de satisfaction de vie semblent le suggérer —, le citoyen moyen d’un pays riche peut s’attendre à accomplir environ 100 fois plus en effectuant un transfert d’argent à une personne vivant dans l’extrême pauvreté qu’en faisant don de cet argent localement ou en le gardant pour lui. En effet, les personnes vivant dans l’extrême pauvreté gagnent en moyenne 100 fois moins que les habitants des pays riches, de sorte qu’un don qui peut doubler le revenu d’une personne riche peut également doubler le revenu d’une centaine de personnes extrêmement pauvres2.
Samantha Carter (2019) Are cash transfers the best policy option?, Effective Altruism Global, 20 octobre.
Stephen Devereux (2002) Social protection for the poor: lessons from recent international experience, IDS working paper no. 142, Institute of Development Studies.
David K. Evans & Anna Popova (2017) Cash transfers and temptation goods, Economic Development and Cultural Change, vol. 65, p. 189–221.
Ariel Fiszbein & Norbert Schady (2009) Conditional Cash Transfers: Reducing Present and Future Poverty, Washington, D.C.: The World Bank.
GiveWell (2012) Cash transfers, GiveWell, décembre (dernière mise à jour : novembre 2018).
Teresa Molina Millán et al. (2019) Long-term impacts of conditional cash transfers: review of the evidence, The World Bank Research Observer, vol. 34, p. 119–159.
Frank Pega et al. (2017) Unconditional cash transfers for reducing poverty and vulnerabilities: effect on use of health services and health outcomes in low- and middle-income countries, Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 11, p. 1–137.