Résilience des croyances
La résilience des croyances est une mesure du degré selon lequel une crédence est susceptible de changer en réponse à de nouvelles preuves.
Supposons qu’une personne ait deux pièces de monnaie devant elle : la pièce A et la pièce B. Elle a retourné la pièce A des milliers de fois pour s’assurer qu’elle n’était pas biaisée, et il semble donc raisonnable qu’elle ait une crédence de 0,5 que si elle retourne la pièce A, elle tombera sur pile. La pièce B, quant à elle, peut être biaisée ou non. Cependant, même si elle est biaisée, la personne n’a aucune preuve de la façon dont elle est biaisée, et n’a donc aucune raison de penser que le biais favorisera soit pile, soit face. Dans ces circonstances, il semble également raisonnable qu’elle ait une crédibilité de 0,5 dans le fait que si elle tire la pièce B, elle tombera sur pile.
Comme l’illustre cet exemple, une personne peut accorder la même crédence à deux propositions différentes, tout en pensant que l’une de ces crédences est plus susceptible de changer en réponse à de nouvelles preuves. Par exemple, supposons que la pièce B tombe sur « face » à chacune des quatre premières fois qu’elle est testée. Sur la base de ces observations, la crédence de la personne quant au fait que la pièce B tombera sur face lors du prochain lancer sera supérieure à 0,5, car elle a désormais une preuve que la pièce est faussée. Toutefois, si elle a vu la pièce A tomber sur face quatre fois de suite, sa crédence quant au fait que le prochain lancer sera un face sera toujours proche de 0,5, car elle dispose déjà de preuves considérables que la pièce n’est pas biaisée.
Dans les situations de choix où les crédences ont une faible résilience, la valeur de l’information sera généralement plus élevée, car de nouvelles preuves sont plus susceptibles de modifier nos crédences.
Andy Egan & Adam Elga (2005) I can’t believe I’m stupid, , vol. 19, p. 77–93.
Brian Skyrms (1977) Resiliency, propensities, and causal necessity, The Journal of Philosophy, vol. 74, p. 704–713.