Risque biologique catastrophique mondial

Un risque biologique catastrophique mondial (RBMC) est un risque catastrophique mondial de nature biologique⁠1.

Risques existentiels liés à la biotechnologie

La biotechnologie offre des perspectives potentiellement prometteuses pour améliorer le sort des populations, découvrir de nouveaux moyens de lutter contre les maladies et s’attaquer au dérèglement climatique. Toutefois, comme de nombreux systèmes biologiques sont, au moins en principe, autoreproductibles, certaines modifications importantes pourraient également présenter de graves dangers.

Un domaine des sciences de la vie qui retient actuellement l’attention des experts en gestion des risques est la recherche sur le gain de fonction, qui consiste à modifier des agents pathogènes particulièrement menaçants, comme la grippe H5N1, afin d’accroître leur virulence ou leur transmissibilité. Les spécialistes sont divisés sur la question de savoir si les avantages de ces expériences valent les risques liés à la dissémination accidentelle d’agents pathogènes ou à l’utilisation des découvertes par des acteurs malveillants⁠2. À court terme, ces agents pathogènes posent probablement un risque catastrophique mondial non existentiel, mais il est possible que des travaux similaires liés aux sciences de la vie posent un jour un risque existentiel.

Évaluation

80 000 Hours considère la réduction des risques biologiques catastrophiques mondiaux comme un « domaine hautement prioritaire » : un problème en tête de leur classement des problèmes mondiaux évalués en fonction de leur importance, potentiel d’amélioration et caractère négligé.⁠3.

Recommandations

Dans The Precipice, Toby Ord formule plusieurs recommandations en matière de politique et de recherche pour traiter les risques liés aux pandémies artificielles :⁠4

  • Aligner la Convention sur les armes biologiques sur la Convention sur l’interdiction des armes chimiques : faire passer son budget de 1,4 million de dollars à 80 millions de dollars, augmenter son personnel en conséquence et lui accorder le pouvoir d’enquêter sur les violations présumées.
  • Renforcer la capacité de l’OMS à répondre aux pandémies émergentes par la surveillance, le diagnostic et le contrôle rapides des maladies. Cela implique d’accroître son financement et ses pouvoirs, ainsi que la R&D sur les technologies requises.
  • Veiller à ce que toutes les synthèses d’ADN soient contrôlées pour détecter les agents pathogènes dangereux. Si l’autorégulation des entreprises de synthèse ne permet pas d’assurer pleinement cette protection, une forme de réglementation internationale sera nécessaire.
  • Accroître la transparence sur les accidents dans les laboratoires de niveau de biosécurité 3 et 4.
  • Élaborer des normes pour traiter les dangers informationnels et les intégrer dans les processus de contrôle existants.
  • Organiser des exercices de planification de scénarios pour les pandémies artificielles graves.

Pour en savoir plus

Kevin M. Esvelt (2020) Mitigating catastrophic biorisks, Effective Altruism Forum, 3 septembre.

Thomas V. Inglesby & Amesh A. Adalja (éd.) (2019) Global Catastrophic Biological Risks, Cham: Springer International Publishing.

Howie Lempel & Keiran Harris (2020) Dr Greg Lewis on Covid-19 and reducing global catastrophic biological risks, 80,000 Hours, 17 avril.

Gregory Lewis (2020) Reducing global catastrophic biological risks, 80,000 Hours, 9 mars.

Edwin Dennis Kilbourne (2008) Plagues and pandemics: past, present, and future, édité par Nick Bostrom & Milan M. Ćirković, Oxford: Oxford University Press, p. 287–307.

Piers Millett & Andrew Snyder-Beattie (2017) Existential risk and cost-effective biosecurity, Health Security, vol. 15, p. 373–383.

Ali Nouri & Christopher F. Chyba (2008) Biotechnology and biosecurity, édité par Nick Bostrom & Milan M. Ćirković, Oxford: Oxford University Press, p. 450–480.

Carl Shulman (2020) What do historical statistics teach us about the accidental release of pandemic bioweapons?, Reflective Disequilibrium, 15 octobre.

Carl Shulman (2020) Envisioning a world immune to global catastrophic biological risks, Reflective Disequilibrium, 15 octobre.

Robert Wiblin & Keiran Harris (2018) The careers and policies that can prevent global catastrophic biological risks, according to world-leading health security expert Dr Inglesby, 80,000 Hours, 18 avril.

Jaime Yassif (2017) Reducing global catastrophic biological risks, Health Security, vol. 15, p. 329–330.

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