Risque biologique catastrophique mondial
Un risque biologique catastrophique mondial (RBMC) est un risque catastrophique mondial de nature biologique1.
La biotechnologie offre des perspectives potentiellement prometteuses pour améliorer le sort des populations, découvrir de nouveaux moyens de lutter contre les maladies et s’attaquer au dérèglement climatique. Toutefois, comme de nombreux systèmes biologiques sont, au moins en principe, autoreproductibles, certaines modifications importantes pourraient également présenter de graves dangers.
Un domaine des sciences de la vie qui retient actuellement l’attention des experts en gestion des risques est la recherche sur le gain de fonction, qui consiste à modifier des agents pathogènes particulièrement menaçants, comme la grippe H5N1, afin d’accroître leur virulence ou leur transmissibilité. Les spécialistes sont divisés sur la question de savoir si les avantages de ces expériences valent les risques liés à la dissémination accidentelle d’agents pathogènes ou à l’utilisation des découvertes par des acteurs malveillants2. À court terme, ces agents pathogènes posent probablement un risque catastrophique mondial non existentiel, mais il est possible que des travaux similaires liés aux sciences de la vie posent un jour un risque existentiel.
80 000 Hours considère la réduction des risques biologiques catastrophiques mondiaux comme un « domaine hautement prioritaire » : un problème en tête de leur classement des problèmes mondiaux évalués en fonction de leur importance, potentiel d’amélioration et caractère négligé.3.
Dans The Precipice, Toby Ord formule plusieurs recommandations en matière de politique et de recherche pour traiter les risques liés aux pandémies artificielles :4
Kevin M. Esvelt (2020) Mitigating catastrophic biorisks, Effective Altruism Forum, 3 septembre.
Thomas V. Inglesby & Amesh A. Adalja (éd.) (2019) Global Catastrophic Biological Risks, Cham: Springer International Publishing.
Howie Lempel & Keiran Harris (2020) Dr Greg Lewis on Covid-19 and reducing global catastrophic biological risks, 80,000 Hours, 17 avril.
Gregory Lewis (2020) Reducing global catastrophic biological risks, 80,000 Hours, 9 mars.
Edwin Dennis Kilbourne (2008) Plagues and pandemics: past, present, and future, in Nick Bostrom & Milan M. Ćirković (éd.), Global Catastrophic Risks, Oxford: Oxford University Press, p. 287–307.
Piers Millett & Andrew Snyder-Beattie (2017) Existential risk and cost-effective biosecurity, Health Security, vol. 15, p. 373–383.
Ali Nouri & Christopher F. Chyba (2008) Biotechnology and biosecurity, in Nick Bostrom & Milan M. Ćirković (éd.), Global Catastrophic Risks, Oxford: Oxford University Press, p. 450–480.
Carl Shulman (2020) What do historical statistics teach us about the accidental release of pandemic bioweapons?, Reflective Disequilibrium, 15 octobre.
Carl Shulman (2020) Envisioning a world immune to global catastrophic biological risks, Reflective Disequilibrium, 15 octobre.
Robert Wiblin & Keiran Harris (2018) The careers and policies that can prevent global catastrophic biological risks, according to world-leading health security expert Dr Inglesby, 80,000 Hours, 18 avril.
Jaime Yassif (2017) Reducing global catastrophic biological risks, Health Security, vol. 15, p. 329–330.